« 26 septembre 1844 » [source : BnF, Mss, NAF 16356, f. 187-188], transcr. Caroline Lucas, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5504, page consultée le 24 janvier 2026.
26 septembre [1844], jeudi matin, 11 h. ½
Bonjour, mon cher petit Toto. Bonjour le plus grand, le plus doux, le plus beau, le
plus noble, le plus charmant et le meilleur des hommes, bonjour, bonjour. Je te
vénère, je t’admire, je te glorifie, je t’aime et je t’adore à tous les instants de
ma
vie. J’ai le cœur plein de reconnaissance et d’amour. Il faut bien que j’en verse
le
trop plein sur ce papier.
Comment vas-tu mon adoré, comment vont tous les élus
de la Place Royale y compris Champs-Lysées1 ? J’espère que tu viendras me le dire avant
d’aller à l’Académie tantôt ; j’y compte, c’est ce qui me donne ce bonheur et cette
gaieté anticipés.
J’ai reçu une lettre de Brest. Ma sœur commence à se lever et
j’en suis bien contente, pour elle, d’abord, la pauvre femme, et pour toute sa petite
famille. L’Alboize continue d’être très
reconnaissant et se prépare à se rendre à son nouveau poste. Voilà, mon cher amour,
les nouvelles officielles du Finistère.
Il fait un temps à manger tout cru.
Pourquoi faut-il que tu sois si peu prêtà en profiter ? Je n’ose pas compter plus
sur
demain que sur lundi. Cependant,
j’ai bien besoin d’une journée d’amour et de tendresse.
Juliette
1 Champs-Lysées semble être un chat adopté par Victor Hugo, si l’on en croit les indications données par la lettre du 25 septembre 1844.
« 26 septembre 1844 » [source : BnF, Mss, NAF 16356, f. 189-190], transcr. Caroline Lucas, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5504, page consultée le 24 janvier 2026.
26 septembre [1844], jeudi soir, 6 h.
Je vous aime, mon petit Toto chéri, mettez cela dans votre journal. J’ai vu Mme Tissard et le petit enfant de Mme Pierceau tout à
l’heure. Elle venait m’apporter le couvercle de la timbalea de sa pauvre cousine. En même temps,
je lui ai donné 10 F. acompte quoiqu’il n’y eût pas tout à
fait deux mois d’échus. Il ne reste plus que 20 F. à donner.
Du reste, la pauvre créature a la même maladie que sa cousine et M. Triger doit l’opérer dans huit ou dix jours. Quelle
famille, grand Dieu ! On n’ose pas penser à ce que deviendrait ce pauvre petit être
si
chétif si cette malheureuse femme venait à manquer. Elle ne paraît pas aussi
tourmentée que je le serais à sa place si une pareille chose m’était révélée. Il y
a
des grâces d’état et c’est fort heureux que la pauvre femme les aitben cette circonstance. Cette pauvre femme
m’a toutc attristée car elle m’a
rappeléd cette infortunée Mme Pierceau
causant aussi fort tranquillement des opérations qui abrégeaient sa vie.
Pauvre
adoré, je te demande pardon de t’entretenir de choses si tristes. Mais j’ai si fort
l’habitude de te dire toutes mes impressions quelles qu’ellese soient que je me suis laissée
aller à celles-ci qui ne sont rien moins que gaies. Je t’aime mon Toto.
Juliette
a « timballe ».
b « aient ».
c « toute ».
d « rappelée ».
e « quelqu’elles ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’ennuie, et commence à se plaindre de voir Hugo moins souvent, sans savoir qu’il a entamé une liaison passionnée avec une autre femme.
- Début octobrePetit voyage avec Hugo.
