« 21 juillet 1844 » [source : BnF, Mss, NAF 16355, f. 281-282], transcr. Mylène Attisme, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11743, page consultée le 24 janvier 2026.
21 juillet [1844], dimanche matin, 10 h. ¼
Bonjour, mon petit Toto adoré, bonjour, mon cher petit homme chéri, bonjour vous,
bonjour toi, je vous aime. Je ne veux pas que vous recevieza de fleurs mystérieuses. Vous savez
bien que j’ai eu la délicatesse de refuser deux pots de chiendent anonymes. Je veux
que vous ayez les mêmes scrupules que moi ou bien j’aurai la mêmeb liberté que vous. Choisissez ou la mort.
En attendant, je nage dans un flot de poussière, on ne se voit plus chez moi avec
les
décombres et le plâtre qu’on charge et qu’on décharge. Je suis la plus malheureuse
des
Juju dans ce moment-ci. Je vais me dépêcher à m’habiller afin d’être prête à sortir
si
vous venez me chercher tantôt. Il est probable que j’en serai pour mes préparatifs
mais enfin, je ne veux rien avoir à me reprocher si par hasard vous aviez la bonne
inspiration de nous faire sortir aujourd’hui.
Clairette est revenue de la messe, elle lit
dans ce moment-ci. Tout à l’heure, je lui ferai gratter du piano pour la distraire.
Cocotte crie, Suzanne brait et moi, je vous aime. Vous voyez que
nous faisonsc toutes notre devoir.
Baisez-moi, vilain, et soyez-moi fidèle de tout : je vous l’ordonne.
Juliette
a « recviez ».
b « mêmes ».
c « fesons ».
« 21 juillet 1844 » [source : BnF, Mss, NAF 16355, f. 283-284], transcr. Mylène Attisme, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11743, page consultée le 24 janvier 2026.
21 juillet [1844], dimanche après-midi, 4 h. ¼
Te voilà déjà parti, mon cher bien-aimé, et j’ai à peine eu le temps d’emplir mes
yeux de ta douce et ravissante figure, ma bouche de tes baisers, mon âme de ta
présence adorée et tu es déjà parti ! Il me semble qu’il fait nuit
[dedans ?] moi quand tu n’es plus là. Ta présence, c’est mon soleil,
c’est ce qui me réchauffe eta me
réjouit le cœur. Hélas ! pourquoi faut-il que ces moments lumineux soient si courts !
Je sais que tu travailles, mon pauvre bien-aimé, je le sais trop mais je crois savoir
aussi que tu donnes tout ce qui te reste de loisir à d’autres qu’à moi. Si je me
trompe, je t’en demande pardon à genoux. Mais si je ne me trompe pas, il faut me
rendre tout de suite ce qui m’appartient et revenir bien vite auprès de moi. Je ne
te
gronderai pasb, bien
au contraire je te baiserai, je te caresserai, je te bénirai, je t’adorerai.
Vous n’avez pas voulu accepter mes propositions de mordre à même mes demoiselles en commençant par Joséphine. Vous voyez bien que vous refusez les bonnes occasions. Venez
vous plaindre une autre foisc
et vous verrez comme je vous écouterai : voime,voime, avec une bonne trique sur votre dos. D’ici là, prenez garde à
la duchesse MAGNOLIA1.
Jour Toto, jour mon cher petit o. Pense à moi, aime-moi, je t’en prie de toutes mes forces et de toute mon âme.
Le jour où tu ne m’aimeras plus, je mourrai, c’est bien vrai, mon adoré. Tu le verras
d’ailleurs.
Juliette
a « rechauffet ».
b « Je te ne gronderai pas ».
c « une autrefois ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’ennuie, et commence à se plaindre de voir Hugo moins souvent, sans savoir qu’il a entamé une liaison passionnée avec une autre femme.
- Début octobrePetit voyage avec Hugo.
