« 13 septembre 1857 » [source : BnF, Mss, NAF 16378, f. 177], transcr. Chantal Brière, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3014, page consultée le 06 août 2026.
Guernesey, 13 septembre 1857, dimanche soir, 4 h. ½
Il faut bien que je ne puisse bouger ni pied ni patte pour refuser d’aller te retrouver
sur la route du [bas ?], mon cher petit homme, mais c’est qu’en vérité je suis
exténuée et à bout de toutes mes forces. Si tu savais jusqu’à quel degré de fatigue
je suis arrivée, mon doux bien-aimé, tu serais surpris de ce qu’il me faut de courage
pour me tenir
debout et faire encore une espèce de figure de femme vivante. Cela ne m’arrive que
quand je te vois ; ta présence me galvanise et me ressuscite mais aussi dès que tu
es parti je retombe
de tout mon poids dans la plus [illis.] prostration. Je t’attends pour reprendre vie, tâche que ce soit bientôt.
Les Réméniya ne sont restés que quelques minutes après toi. Le premier moment d’embarras passé
à cause de mon ébouriffement par trop hideux, j’ai été
contente de connaître cette jeune fille QUI VOUS ADORE. Je l’ai trouvée suffisamment
armée en guerre pour aller à votre conquête, mon cher petit dragon… pas de vertu,
et j’avoue que ma
crânerie est assez lâche pour se tourmenter quelque peu des tournois de coquetterie
dans lesquelsb vous joutez à qui mieux mieux avec
cette jeune étrangère. Prenez garde à vous, mon cher petit aventureux, ou plutôt prenez
garde à mon bonheur et à ma vie.
a « Reminy ».
b « lequel ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils s’adonnent à la « chasse aux vieux coffres » pour décorer leurs maisons.
- Au printemps et pendant l’étéIls s’adonnent à une nouvelle passion, la « chasse aux vieux coffres ».
