« 18 novembre 1858 » [source : Bnf, Mss, NAF 16379, f. 325], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5945, page consultée le 06 mai 2026.
Guernesey, 18 novembre 1858, jeudi soir, 7 h. ½
Cher bien-aimé, je ne me regarde pas encore comme investie du droit de lire ma future COPIRE ; mais j’attends avec impatience que tu m’autorises à prendre connaissance de mon précieux manuscrit le plus tôt possible et dès ce soir si tu n’y vois pas d’empêchements sérieux. Il y a si longtemps que je soupire après cette divine poésie que tu serais bien bon de me mettre à même tout de suite. Tâche de venir un peu de bonne heure ce soir pour que j’aie le temps de te voir avant que tu n’ailles au CIDRE Duverdier. En attendant, je ne veux plus avoir de stupide complaisance pour personne chaque fois qu’il s’agira de céder à d’autres MA place auprès de toi. Aussi, à la première occasion qui se présentera de revendiquer le bonheur et l’honneur de m’asseoir à tes côtés, je n’y manquerai pas, dussé-jea manquer aux SAINTES LOIS DE L’HOSPITALITÉ. En attendant, je regrette mon bon petit coin d’hier au soir, et je t’aime à cœur que veux-tu et par-dessus mon âme.
a « dussai-je ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.
- 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
- 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.
